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Mommy, une énorme claque cinématographique

18 janvier 2015

Hello!

Aujourd’hui j’inaugure une nouvelle rubrique sur le blog parce que je ne peux pas ne pas vous parler du film Mommy de Xavier Dolan que j’ai vu ce soir même s’il va être difficile de vous décrire mon ressenti avec des mots tellement ce film est une explosion de sensations et d’émotions durant tout son déroulement

Beaucoup de personnes de mon entourage m’en avait parlé comme d’un énorme coup de coeur sauf que comme souvent j’ai laissé passer la dernière séance et je n’ai pas pris le temps d’aller le voir dans les semaines qui ont suivi sa sortie le 08 Octobre dernier. En voyant qu’UGC le programmait cette semaine dans le cadre des Incontournables de l’année 2014, je me suis dépêchée de prendre ma place et je suis ravie d’avoir pu voir ce film sur grand écran.

Tout d’abord un peu de contexte avec le synopsis: Diane, une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, Steve, un adolescent hyperactif, impulsif et sujets à des crises de violence récurrentes quand il est renvoyé d’un énième centre spécialisé. Tout au long du film, nous allons être littéralement plongés au coeur des emportements et des difficultés de ce duo mère-fils qui passe en quelques secondes de l’amour à la haine. Leur énigmatique voisine d’en face, Kyla, se joindra à eux pour former un trio délicieusement bancal.

Ce film est le 5ème de Xavier Dolan, un québécois de seulement 25 ans. Il a reçu le grand prix du Jury à Cannes en 2014 et réunit de nouveau Suzanne Clément et Anne Dorval, les 2 actrices féminines principales, déjà présentes dans 3 de ses précédents films: J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires et Laurence anyways.

Mommy

Ce qui est le plus flagrant et impressionnant tout au long de ces 2h18 de film (que je n’ai absolument pas vu passer) c’est la mise en scène et l’esthétisme notamment les jeux de lumière de l’ensemble qui nous emporte littéralement dans l’intrigue. Cette sensation de plongeon au coeur de l’univers des personnages est accentué par le changement de format de l’image passant d’un format 1:1 qui donne une sensation de focus sur les personnages et d’oppression puis un format 16/9ème qui élargit la vision pour revenir à du 1:1 et par la bande son qui est extrêmement pertinente. Cela m’a semblé évident pendant le film (on retrouve White Flag de Dido, Colorblind de Counting Crows, Wonderwall d’Oasis ou encore Born to die de Lana Del Rey) mais encore plus en la réécoutant après (j’écris d’ailleurs en écoutant en boucle Experience de Ludovico Einaudi qui s’y trouve aussi) puisqu’en prêtant attention aux paroles  on s’aperçoit qu’elles collent aussi bien à la problématique des personnages qu’elles sont adaptées musicalement à l’atmosphère des scènes pendant lesquelles elles sont diffusées.

Dans un premier temps, j’ai eu un peu de mal avec les dialogues en québécois (parce que même si, clairement on comprend au mieux 40% des dialogues, on essaie de suivre sans les sous-titres) mais c’est assez étrange car le fait de ne pas comprendre vraiment le vocabulaire atténue et renforce la violence des propos. Les sentiments qu’inspirent les personnages s’alternent et il est difficile de trancher. Ils sont agaçants, choquants, touchants à la fois, le tout avec une intensité déconcertante.

Il faut dire que le jeu des acteurs est juste époustouflant. Antoine-Olivier Pilon, l’acteur qui joue le rôle de Steve, est magistral autant dans les scènes de tendresse où il affirme à sa mère qu’il « sera toujours là pour la protéger » que dans les scènes de pétage de plomb complet. Anne Dorval, avec son look vulgaire, dans son rôle de mère folle d’amour pour son fils et complètement perdue est saisissante de réalisme. Quant à Suzanne Clément, qui joue la voisine mystérieuse, enseignante bègue en congé sabbatique, elle est grandiose et parvient à faire s’interroger le spectateur pendant tout le film sur les secrets de son passé qui l’amènent à être assez imprévisible. Les personnages féminins m’ont d’ailleurs fait penser à ceux des films de Pedro Almodovar dans leurs caractères excessifs et leur façon de mener un véritable combat dans leur quotidien.

Ce film bouleverse, bouscule, met mal à l’aise, émerveille et est à mes yeux un hymne à la vie, à la liberté et à l’amour. On en sort pas indemne, on est complètement sonné et à la fin de la séance c’est assez compliqué de reprendre contact avec le réel, le générique parait trop court pour se résoudre à quitter la salle et affronter l’extérieur. D’ailleurs, 36h après l’avoir vu il me hante encore et il me tarde de le revoir pour apprécier encore davantage la mise en scène et l’atmosphère.

Steve et Die - Mommy  Steve - Mommy  Kyla - Mommy

Il s’agissait de ma première séance de cinéma de cette nouvelle année, autant dire qu’il y a du level pour les prochains films. Pour ceux qui l’ont loupé au cinéma, le DVD sortira le 18 Mars prochain. Et en attendant voici la bande annonce:

 

Bon dimanche à tous!

2 Comments

  • Reply Anthony 2 février 2015 at 18 h 51 min

    Moi aussi j’ai beaucoup aimé ce film. Je n’ai pas vu J’ai tué ma mère, mais Laurence Anyways était une très grosse claque aussi, je te le recommande.

    • Reply Pink Blizzard 2 février 2015 at 19 h 05 min

      Virginie « Cloporte » m’en parlait justement hier 🙂 Il va falloir que je le regarde bientôt, définitivement!

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